Le Lac de Sainte-Croix est bien plus qu’une simple étape touristique ; c’est une apparition turquoise au cœur de la Provence. Lorsque la chaleur varoise devient une chape de plomb, l’appel de l’eau se fait pressant. Mais au-delà des plages azuréennes souvent saturées, il existe un sanctuaire où le bleu prend des reflets de pierre précieuse. Voyage au cœur du Parc Naturel Régional du Verdon, là où le temps semble suspendu entre les falaises de calcaire et la clarté d’un lac de légende.

Pourquoi choisir le Lac de Sainte-Croix pour se rafraîchir ?
Si vous séjournez dans le Var en plein été, la tentation de la Méditerranée est grande. Pourtant, quiconque a déjà tenté de se frayer un chemin vers les côtes bondées sait que la quête de fraîcheur peut vite tourner au défi. C’est ici, dans l’arrière-pays, que se cache une alternative majestueuse : les rivières et les lacs de haute Provence.

Le Lac de Sainte-Croix surgit au détour d’une route sinueuse à travers les pins et les chênes verts. Une couleur irréelle apparaît : un bleu turquoise laiteux, presque électrique, qui contraste violemment avec l’ocre des roches environnantes.

Le Lac de Sainte-Croix, une retenue d’eau aux dimensions de géant
Artificiel par sa création en 1974, mais naturel par sa beauté, le lac est la quatrième plus grande retenue d’eau de France. Avec ses 2200 hectares, il offre une sensation d’espace rare. Situé à la frontière du Var et des Alpes de Haute-Provence, il est le gardien de l’entrée des célèbres Gorges du Verdon.

Je connaissais ce lieu bien avant d’avoir des enfants. À l’époque, je privilégiais le mois de septembre pour savourer le silence et la solitude. Aujourd’hui, avec ma famille, l’expérience est différente mais tout aussi enrichissante. Il faut l’avouer : en haute saison, le Lac de Sainte-Croix est devenu une destination de choix. L’entrée des Gorges, avec son pont iconique, est le théâtre d’un ballet incessant de pédalos et de canoës. Si vous cherchez l’isolement total en juillet, vous ne serez pas seul, mes clichés en témoignent ! Mais la grandeur du lac permet heureusement de trouver son propre coin de paradis loin de l’effervescence de l’embouchure.

L’instant présent : entre rires d’enfants et œil de photographe
Cette année, nous avons jeté l’ancre, symboliquement, près de la plage des Salles-sur-Verdon. Pour mes enfants, le bonheur a pris la forme d’un petit pédalo toboggan, une sorte de voiture flottante qui est devenue leur vaisseau d’exploration pendant deux heures. À 15€ l’heure (ou 28€ les deux heures), c’est un investissement dérisoire au regard des éclats de rire qui ont résonné sur l’eau sous un soleil radieux. Pendant que les enfants enchaînaient les plongeons depuis leur vaisseau d’exploration, j’ai pu apprécier le confort de mon maillot Osseyan. C’est devenu mon indispensable pour ces journées où l’on passe sans cesse de la photo sur la plage à l’eau pour suivre les enfants. Le côté waterproof et le séchage ultra-rapide sont un vrai luxe quand on doit manipuler son boîtier Fujifilm quelques minutes après une baignade.

Pendant que ma femme assurait la surveillance de notre petite flotte, j’ai laissé mon instinct reprendre le dessus. On ne se refait pas. Même en vacances, même quand le mot d’ordre est “repos”, l’œil du photographe professionnel ne dort jamais vraiment.
La légèreté au service de l’image : Le choix du Fujifilm X-Pro 2
C’est une confidence que je fais souvent : depuis que j’utilise le système Fujifilm X, je prends plus de plaisir à photographier mes moments de vie. Pour cette escapade au Verdon, j’avais délaissé mon matériel traditionnel 24×36, lourd et encombrant, pour le Fujifilm X-Pro 2.

Cet appareil possède une âme. Sa compacité en fait le compagnon idéal des vacances en famille, mais ses performances n’ont rien à envier aux boîtiers plus massifs. Équipé du Fujinon XF 14mm f/2.8 R pour embrasser l’immensité du paysage et du XF 50-140mm f/2.8 pour capter les détails lointains et les expressions des enfants, j’ai pu travailler avec une liberté totale. Les fichiers JPG issus du moteur de rendu Fuji possèdent une colorimétrie unique qui sublime ce bleu si particulier de l’eau.

Le ballet des Canadairs sur le Lac de Sainte-Croix : une ambiance étrange
La journée a été marquée par un spectacle aussi impressionnant qu’inquiétant. Le Lac de Sainte-Croix est une zone d’écopage stratégique pour la Sécurité Civile. Sous les regards médusés des touristes, trois ou quatre Canadairs sont venus lécher la surface de l’eau pour remplir leurs soutes.

Le feu n’était pas loin. Sur la route du retour, une atmosphère étrange s’est installée. La fumée se répandait dans la campagne, enveloppant les villages comme celui de Carcès d’un voile laiteux, rappelant la fragilité de cette nature provençale si belle, mais si vulnérable face aux flammes de l’été.

Conclusion : Le Lac de Sainte-Croix, un passage obligé
Tout comme l’Abbaye du Thoronet, le Lac de Sainte-Croix est une étape que je vous recommande vivement. C’est un lieu de contrastes, capable d’offrir l’adrénaline des sports nautiques ou la quiétude d’une sieste sous les arbres. Pour un photographe, c’est un terrain de jeu inépuisable où la lumière change à chaque heure, transformant le turquoise en émeraude, puis en saphir au crépuscule.

