La VW Fun Cup est l’une de ces expériences qui ne demandent qu’un prétexte pour faire resurgir une passion. J’aime les voitures, j’aime quand le pilotage devient sportif, et si l’aventure promet d’être aussi fun que technique, je ne peux que répondre présent. C’est ainsi que je me suis retrouvé invité par D’Ieteren pour plonger dans l’univers survitaminé de ces célèbres bolides sur le tracé exigeant du circuit de Mettet.

Note de mise à jour : Bien que ce récit retrace une expérience vécue il y a quelques années, les données techniques et les budgets présentés en fin d’article ont été actualisés pour refléter la réalité du sport automobile en 2026.
Le rituel du pilote à la VW Fun Cup, entre concentration et sécurité
Tout commence par un rituel immuable. Avant de fouler l’asphalte, il y a le passage obligé par le traditionnel briefing des pilotes. Équipé de ma combinaison, de mes gants et de mon casque, me sentant l’âme d’un véritable professionnel, j’ai écouté religieusement les consignes. Dans ce milieu, la sécurité n’est jamais une option, et rafraîchir sa mémoire sur les drapeaux et les zones de dégagement est essentiel, surtout sur un tracé aussi exigeant que le circuit Jules Tacheny.

Mettet est un circuit court mais particulièrement technique, avec des virages en aveugle et des dénivelés qui demandent une lecture précise de la piste. Pour un néophyte comme moi, bien que j’aie déjà roulé sur circuit par le passé, l’appréhension se mêlait à l’excitation.
Un coaching de haut vol avec Bernard Van Bellingen
D’Ieteren fait toujours les choses avec une élégance rare. Pour cette après-midi de découverte, nous étions deux pilotes débutants à nous partager le volant, sous la supervision d’un mentor de choix : Bernard Van Bellingen. Responsable à l’époque de la presse pour Porsche en Belgique, Bernard est non seulement une connaissance de longue date, mais surtout un pilote chevronné capable de faire danser n’importe quelle machine sur une piste.

J’étais entre de bonnes mains. Les premiers tours se sont effectués sur le siège passager. À côté de lui, tout semblait fluide, presque facile. Bernard m’expliquait les trajectoires, les points de corde et les zones de freinage avec une aisance qui me laissait pantois. La VW Fun Cup, avec sa silhouette de Coccinelle bodybuildée, se comportait comme un grand karting : vive, maniable et nerveuse. Mais voir faire un pro est une chose ; prendre le volant en est une autre.
Au volant de la 354 : La réalité du pilotage pur
Vint enfin mon tour de m’installer dans le baquet de la VW Fun Cup 354. À l’époque, nous roulions sur des modèles Evo 2, déjà redoutables, avant l’arrivée des versions Evo 3 qui dominent aujourd’hui les circuits avec leur boîte séquentielle. Une fois sanglé dans le harnais, l’espace se réduit, la vision se concentre et le bruit du moteur envahit l’habitacle. Bernard, assis à mes côtés, communiquait via l’interphone du casque. C’était bien plus qu’une simple démonstration : il m’offrait un véritable cours de pilotage en temps réel.

“Michel, reconcentre-toi ! Oublie cette trajectoire ratée, elle est derrière toi ! Pense au virage suivant !” Sa voix, rassurante mais ferme, résonnait dans mes oreilles dès que je perdais ma concentration après une erreur. Car piloter une Fun Cup est un exercice de pureté mécanique. Ici, pas de direction assistée, pas d’ABS, pas d’aide au freinage. Il faut littéralement “taper” dans les freins pour ralentir la bête avant d’entamer le virage. C’est un sport physique, où chaque retour d’information passe par le volant et le siège.

VW Fun Cup, près de 30 ans d’histoire et de plaisir partagé
La VW Fun Cup a parcouru un chemin impressionnant depuis sa création à la fin des années 90. Aujourd’hui, avec près de trois décennies d’existence, elle s’est imposée comme une institution incontournable du sport automobile européen. Conçue à l’origine pour offrir une porte d’entrée abordable à la compétition, elle continue de séduire un mélange unique de pilotes professionnels, de gentlemen-drivers et d’aventuriers d’un jour.

Sa maniabilité reste légendaire, mais elle n’en demeure pas moins une “vraie” voiture de course : elle ne pardonne pas l’excès d’optimisme, et le tête-à-queue guette toujours celui qui brusque un peu trop le train arrière.

Malgré les cônes placés stratégiquement lors de ces journées d’initiation pour nous aider à visualiser les trajectoires idéales, respecter la ligne parfaite à haute vitesse demeure un défi de chaque instant. On réalise vite que le pilotage est un art qui ne s’improvise pas. C’est une discipline qui exige de la pratique, une grande humilité et une analyse constante de ses propres limites face à la machine.
Un paddock aux allures de réunion de famille
L’après-midi s’est déroulée sous un soleil radieux, dans cette ambiance si particulière des paddocks belges où la passion l’emporte sur la compétition acharnée. J’ai eu le plaisir de croiser des visages familiers du monde automobile, des journalistes spécialisés et des pilotes de renom, comme Vanina Ickx. Cette dernière avait d’ailleurs la charge de faire découvrir les sensations de la piste aux joueuses de l’équipe de basket des Mithra Castors Braine. Voir ces athlètes impressionnées par la vitesse rappelait que, peu importe votre domaine, la piste impose toujours le respect.

Un investissement passion : Le coût du plaisir sur piste
Côté budget, si la VW Fun Cup se veut accessible, elle n’échappe pas à la réalité économique du sport automobile moderne. Il faut désormais compter en moyenne entre 1 500 € et 1 800 € de l’heure pour un “full package” (incluant la location, l’assistance technique, les consommables et l’assurance).

À titre de comparaison, pour participer aux mythiques 25 Heures de Spa-Francorchamps — l’événement phare du calendrier — une équipe doit aujourd’hui tabler sur un budget global avoisinant les 40 000 € à 50 000 € selon le niveau de préparation et d’assistance. Ce montant reste toutefois à diviser entre les trois à six pilotes de l’équipage, ce qui permet de vivre l’ivresse d’une course de 25 heures pour un coût par pilote qui demeure imbattable dans cette catégorie de performance.

Pour les passionnés souhaitant posséder leur propre bolide, le prix d’achat d’une VW Fun Cup Evo 3 de dernière génération (moteur 2.0L, boîte séquentielle) se situe désormais aux alentours de 65 000 € à 75 000 € HT. Des chiffres qui, dans l’univers souvent stratosphérique du sport moteur, maintiennent la Fun Cup dans son rôle de prédilection : offrir de “vraies” voitures de course, robustes et performantes, pour un coût de revient qui reste rationnel par rapport au plaisir de pilotage pur délivré en piste.
Conclusion : Le danger de l’accoutumance
En quittant le circuit de Mettet, le sourire ne quittait plus mon visage. La VW Fun Cup, c’est du plaisir brut, une décharge d’adrénaline vécue en totale sécurité. Comme je le disais en rangeant mon casque : le seul véritable danger avec cette voiture, c’est d’y prendre goût. Une expérience d’exception que je ne peux que recommander à tout amateur de sensations fortes.

Si vous aimez les expériences d’exception…
Si l’adrénaline de la piste vous a donné envie d’explorer d’autres horizons, je ne peux que vous conseiller de prolonger l’aventure. Pour ceux qui ont le pied marin, j’ai eu la chance de vivre une immersion totale sur Spindrift 2, aujourd’hui rebaptisé Sails of Change. Monter à bord de ce géant des mers aux côtés de Yann Guichard est une expérience qui marque une vie de voyageur, là où la technologie de pointe côtoie l’irréel. Vous pouvez retrouver ce récit ici : navigation sur Spindrift 2.

Et si vous préférez les airs, sachez que le rêve d’Icare est bien plus accessible qu’on ne l’imagine. À l’European Flight Simulator, j’ai pu m’installer dans le fauteuil du commandant de bord d’un Boeing 737-800. C’est sans doute le meilleur moyen de prendre les commandes sans avoir besoin d’une licence de pilote, une expérience fascinante que je vous raconte ici : mon vol en simulateur de Boeing.

